- 26 mai 1815. -

L'an mil huit cent quinze et le vingt six du mois de mai, nous maire provisoire de la commune de St Pée, département des
Basses-Pyrénées, procédant en vertu de la circulaire de M le Préfet, en date du 18 courant, avons convoqué à la mairie de la
présente commune tous les aubergistes et cabaretiers dont les noms suivent :
Savoir :
Chamar Bte – Harretchia
Berisquaire Pre Elissaldia
Lafitte Pre Barbarania
Copena Chauchon, Ettanduteguiberria
Bacharea Pre Mercorenia
Etchegaray J. Mariatenia
Duhart Pre Unaydia
Larralde Chatadia, Harosteguia
Auxquels après avoir donné lecture de la circulaire, les avons invités à nommer quatre syndics pris dans leur sein aux fins de
répartir sur chacun d'eux :
1° la somme de deux mille deux cents quarante trois francs quarante trois centimes, énoncé dans l'extrait de l'état général de
M le Préfet pour les sept douzièmes du produit de l'année courante à commencer du 1° juin prochain.
2° Celle de trois mille huit cent quarante cinq francs quatre vingt centimes qui restera à imposer et à répartir pour l'année
entière qui suivra la présente.
En conséquence d'une voix unanime ils ont nommé pour leurs syndics les dénommés suivants,
Savoir :
Chamar Bte
Berisquaire Pie
Lafitte Pie
Copena Chauchon
Lesquels ont représenté que la dite somme de trois mille huit cent quarante cinq francs quatre vingt huit centime imposée aux
débitants de boissons de la commune de St Pée était excessive et basée sur un principe absolument erroné attendu qu'en l'an mille
huit cent douze, la commune de St Pée possédait dans son sein la majorité de l'armée des Pyrénées occidentales. La consommation
des boissons fut également excessive et sans nulle comparaison avec celle qui a lieu aujourd'hui que les habitants sont appauvris
par les événements de la guerre et dépeuplés par les épidémies que la guerre y laissa.
En conséquence la taxe ci-dessus mentionnée étant en grande disproportion avec la consommation de la commune, ils ont déclaré......
renoncer à leurs profession de débitant jusqu'à ce que le gouvernement ait rendu cette taxe plus raisonnable et plus proportionnée
au débit du lieu et ont tous ci-signé avec nous à l'exception de Jean Etchegaray qui a déclaré ne savoir écrire de ce requis par
nous.
Fait les jours mois et an ci-dessus.
Chamar, Duhart, Lafitte, Copena, Barbena, Larralde, Berrescain, Detchevers
